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Des baisers, des baisers qui migrent au large de ma nuque, le
souvenir de tes lèvres qui dansaient sur ma peau d’amour, des baisers à la
pomme et à la cannelle, ta main rêche qui effleure mon dos maigre, ton souffle
dans mon oreille qui me fait devenir plus attentive aux battements de ton cœur,
attends, moi aussi j’ai le cœur qui bat. C’est ce qu’on appelle l’Imaginarium
de nos souvenirs ; c’est quand on esquisse du bout des doigts nos vieux sourires
et qu’on les encre en rires. Ça rassure, souvent, ça aide à pardonner - ou
plutôt à ne pas sombrer - il paraît. Dans mon Imaginarium, tu étais parfait.
Mais il faut croire que la réalité est ce rayon de soleil qui nous réveille
très tôt le matin en été lorsque les volets sont restés ouverts toute la nuit,
ouvrant le chemin aux mauvais songes, et qu’on rejette violemment un temps,
puis qu’on appréhende. « Ne m’arrachez pas de mon rêve » : c’est ce que
j’étouffais dans un coussin, les yeux baignés de tristesse. Dans mon
Imaginarium : tu étais parfait, avec ces petits défauts qui te perfectionnaient
un peu plus chaque jour. J’ai peine à penser que la liberté que je touchais des
doigts était conditionnelle, et quand ton rire résonne dans mes oreilles, ce
sont les larmes qui tombent en crescendo. Et moi qui te pensait sondable et
sondé ; le regret, la déception, l'incompréhension, ce sentiment ineffable de
gâchis et de perte … Je n’en parle même pas.

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