Il y a
un peu moins d'un mois, j'ai réalisé un de mes rêves : Partir, loin, seule et
pas n'importe où puisque je suis allée au Japon. En mai je recevais ma première
paye (après avoir remplacé un professeur de flûte traversière dans un petit
conservatoire) et lorsque ma mère m'a demandé ce que je comptais faire de tout
cet argent, j'ai répondu très inconsciemment que j'irai au Japon. Depuis mes
neuf ans, je suis fascinée par les mangas (très bêtement, oui) et en grandissant
mon amour pour ce pays n'a cessé de croître. La langue, les cultures, cet esthétisme
et recherche de perfection m'impressionne nt réellement. Paysages japonais,
jardins, campagne et montagnes m'inspirent sans cesse. En musique, je pense au
piano ou aux petits ensembles avec cordes et vents, je pense à la "pureté
du son". Joe Hisaishi, par exemple, un des compositeurs les plus
importants des films d'animation d'Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke, Le
château dans le ciel, Le voyage de chihiro...) est un homme qui a beaucoup
influencé mes goûts et ma culture musicale (car avant tout je suis musicienne).
En cuisine aussi, je me rends compte que je suis définitivement japonaise. Bref
: Tout tend à me plaire. Et finalement, je me suis rendue compte que ce rêve
qui trottait dans ma tête depuis la sixième pouvais enfin se réaliser, là,
maintenant, et que je n'avais simplement qu'à dire "oui".
Au
Japon, je connais beaucoup de gens. D'abord, il y a Jean-Paul, un ami des
enfants de la famille qui a passé beaucoup de temps en France (Yuji est son nom
japonais). Et puis il y a Nami, une flûtiste qui était dans ma classe au
conservatoire. Je n'oublie pas tous mes amis musiciens de Versailles que je
n'ai pas pu voir. J'allais donc loger chez Yuji et sa copine à Tokyo, Sayuri
que je n'avais jamais rencontré, ni vu. Le plus stressant était de savoir que c'était
elle qui venait me chercher à l'aéroport et qu'elle ne parlait pas français,
contrairement à Yuji qui est bilingue, mais il m'avait dit auparavant sur Skype
: "Elle a acheté un Totoro pour toi, elle le prendra pour que tu puisses
la reconnaître". Puis je prévoyais d'aller chez Nami, quelques jours, dans
le sud du Japon à Kakogawa, près de Kyoto.
A
l'aéroport, à Paris, j'ai dit au revoir à mon grand-frère et à ma mère et j'ai
emprunté les couloirs menant à mon avion toute seule, pour la toute première
fois. Cela peut sembler idiot pour certains, mais j'ai une peur assez ridicule
de l'avion, et toute seule j'angoisse énormément, mais pour me motiver, je ne
m'imaginais que Tokyo, Tokyo et encore Tokyo.
Dans
l'avion, je n'y croyais toujours pas. Je me sentais faible et fatiguée, dix heures
après. Mais, lorsque je regardais à travers le hublot, je ne vois que les
étoiles, brillantes et fières. Et c'est impressionnant, c'est magique. On a
l'impression d'être au dessus de tout. Et, enfin, je réalise la chance que
j'ai. Après avoir fait escale à Shanghai, nous reprenons un petit avion pour
Tokyo.
Une
fois arrivée, j'ai cherché le Totoro avec un air un peu stupide et j'ai
finalement trouvé Sayuri. Nous parlons en anglais, prenons le bus pour
Wakabayashi (où ils habitent) et je suis exténuée. Nous arrivons, et nous
sortons acheter au konbini (une supérette ouverte 24/24h) acheter quelques
onigiris (des boulettes de riz garnies)
et du thé glacé. Un onigiri coûte environ 130 yens, soit un peu moins d'un euro et est très nourrissant (pour mon repas, deux me suffisaient). De retour à la maison, nous avons mangé puis dormi. Quand je
me suis réveillée, Jean-Paul était revenu du travail et il nous a emmené manger
des sushis à Odaiba, dans Tokyo. Maintenant, je réalise, je réalise enfin : J'y
suis.
J'espère
que ces photos vous feront voir un peu le Japon comme je l'ai vu, place au
voyage maintenant !
Le
lendemain matin j'ai aidé Sayuri à préparer le petit déjeuner. Au menu, des
onigiris aux algues (wakame) et des pommes (ringo). Après cela, une petite
visite d'un des plus importants quartiers de Tokyo, Shibuya. Shibuya est
réellement impressionnant, il y a un monde incroyable. Nous passons devant la
célèbre statue du chien Hachiko et nous poursuivons notre route à Harajuku,
après être passés dans un magasin pour m'acheter des adaptateurs. Je sors toujours avec ma petite peluche Totoro qui est en fait un porte-monnaie, et je suis en totale admiration devant elle et Sayuri, que je trouve incroyablement douce et gentille. J'ai un sourire stupide qui se dessine sur mes lèvres.
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| Onigiri |
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| Ramens (soupe de nouilles) au porc |
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| Gyozas (raviolis) |
Harajuku
est un peu le quartier "jeune" de Tokyo, et un des pôles pour les
amateurs de mode. Il y a un peu de tout, beaucoup de magasins de vêtements et
beaucoup de monde. J'ai croisé un certain nombre de looks assez
impressionnants, et ce qui est chouette c'est qu'au Japon, tu as le droit d'être
qui tu veux être. Personne ne te jugera à cause de ton physique dans la rue.
Après être passés dans un Hyaku-yen shoppu (un magasin qui propose tout à 100
yens (l'équivalent de 70 centimes)) et avoir fait des purikuras (sorte de
photomaton) nous sommes partis au onsen, une source chaude.
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| Et non, le tamagotchi n'est pas démodé... |
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| Purikuras ! |
Quand
je pensais aux onsen, je m'imaginais juste un bain chaud. En fait, notre onsen
était bien plus particulier, il s'agit d'un réel petit monde à part. Il y a du
bruit, de l'animation, beaucoup de gens et de stands de nourriture, de yukatas
(kimonos très légers) et une partie extérieure où on peut se baigner les pieds.
C'était assez incroyable, car j'avais l'impression d'être partout et nulle part
à la fois. Nous sommes allées nous baigner dans les grands bains avec Sayuri, entièrement nues. Cela pourrait être gênant, mais ce qui est surprenant au Japon c'est le regard des gens. Les gens s'en fichent totalement. On me regardait un peu parce que j'ai la peau noire et que ce n'est pas commun là-bas, mais deux secondes et puis plus rien. Il y a plusieurs bains de températures différentes, il y en a à 38°, à 40° et puis il y a aussi des jacuzzis. N'ayant pas l'habitude, j'ai réussi à tenir vingt minutes, puis j'ai du sortir sous la chaleur. Après cela nous avons retrouvé Yuji (les bains ne sont évidemment pas mixtes) pour manger une glace. Matcha pour Sayuri, mangue pour Yuji et ichigo (fraise) pour moi. J'ai dû échanger ma glace avec celle de Yuji qui était selon moi infecte.









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| Sayuri ! |
Le
lendemain, petit-déjeuner puis premier jour en solitaire. Je devais shooter Lira. J'avais une peur et une indescriptible excitation pour ce premier jour seule dans Tokyo, livrée à moi-même. Yuji m'a gentiment prêté un de ses téléphones pour qu'ils puissent me joindre sans problèmes au cas où. Il a tenté de m'écrire en français et en japonais l'adresse de mon lieu de rendez-vous, et comment m'y rendre exactement, et ayant une application des métros japonais sur mon téléphone, j'ai répondu "Pas de problèmes, impossible que je me perde, je n'ai pas besoin de ton papier" sûre de moi. Il m'a regardée, et puis il a rangé le papier dans mon sac.
Le métro japonais est une galère incroyable. Il y a des trains locaux, des trains semi-locaux, des trains express, des trains semi-express, des trains spécial-express, des trains semi-special express... Et j'en passe, tout cela pour la même ligne. Cela étant, quand je suis sortie du train que je pensais ne pas être le bon, j'ai regardé autour de moi, sur le quai, à gauche, à droite, et je n'ai pas eu à attendre cinq secondes qu'un homme (du staff de la gare) est venu me voir et m'a dit en japonais "Vous êtes perdue ?"
Je l'ai remercié infiniment et je lui ai demandé en anglais comment me rendre à ma station. Et comme il avait vu que je savais dire quelques mots, il m'a répondu en japonais. Les japonais ne parlent pas du tout anglais, en fait. Mais il a eu la gentillesse de me faire de grands gestes pour que tout soit plus clair. Lorsque je suis arrivée à la bonne station aussi, j'étais totalement perdue et je suis rentrée dans un café pour demander mon chemin à la serveuse. Un homme, avec une grosse voix est venu me voir et a laissé son café pour chercher avec moi. Il était un peu tôt mais il semblait de bonne humeur, disant bonjour aux passants et en leur demandant où se trouvait la rue que je cherchais. Nous avons cherché cinq minutes puis trouvé. Je l'ai chaudement remercié : La politesse en générale est primordiale au Japon.
Je ne
poste pas de photos de ce shoot sauf quelques photos de mon jetable, mais
peut-être dans un prochain article. Il pleuvait, mais on a quand même réussi à sortir quelques choses. Lira, Luna et Yuki étaient adorables avec moi et me couvraient de compliments (que je ne méritais pas). Quand je suis rentrée à Wakabayashi, Yuji s'est moqué de moi et de mes textos incessants : "Je suis perdue", "C'est quoi Setagaya ?", "Yuji...*pleurs*", mais au final, c'était vraiment drôle !
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| Luna et Yuki (caché) nourrissent les carpes et tortues. |
Le
lendemain nous sommes partis avec Yuji à Tsukiji, au marché aux poissons le
plus grand du monde. Nous sommes passés devant un temple, et finalement, nous
n'avons pas pu voir tous ces grands poissons (nous étions trop en retard).
Alors, j'ai mangé des sushis. Un vieux monsieur me les servait et nous avons
décidé de l'appeler "maître sushi" parce qu'il nous faisait
simplement penser à ça. La nourriture était tout simplement géniale, fraîche et savoureuse, et Yuji en garde un excellent souvenir.
Puis,
Akihabara. Le quartier totalement "geek", faits pour les fans
d'animation et de folies aussi, je crois. C'est rempli de salles d'arcades, de
bruits, d'écrans géants sur les immeubles... Un autre monde. Réellement. Il y a beaucoup, beaucoup d'écoliers qui y trainent après les cours, des karaokes, des cafés, bref, Akihabara est un quartier de divertissement. Malheureusement, je n'ai pas pris
de photos dans la rue car il y avait beaucoup trop de monde.
Nous
avons joué à des jeux d'horreur, et puis nous avons pris un café au maid café,
de loin l'expérience la plus troublante de mon séjour, se faire servir par des
jolies filles en soubrette qui vous ordonnent de dire des choses mignonnes
avant de manger, mais nous avons tellement ri que je ne regrette pas. Yuji était tellement gêné et trouvait ça ridicule, alors il a parlé français avec moi pour qu'on ne comprenne pas qu'il était aussi japonais. Le soir, je file voir Nami qui est à Tokyo pour quelques jours, et nous faisons un concert dans un petit café.



Jour
suivant : Sayuri et moi partons faire des origamis dans ce que j'appellerai le
"temple des origamis". C'est une grande maison qui présente toutes
sortes de pliages somptueux, des oiseaux, des fleurs, des animaux, des
poupées... Le tout en papier. Nous avons pris un cours pour apprendre à faire
un mouton, puis nous avons pu regarder comment le papier était fait. Après cela, une dame nous a demandé si nous voulions assister à une démonstration d'origamis faite par un homme (je ne me souviens absolument plus de son nom) qui maîtrise cet art depuis extrêmement longtemps. En trente secondes, il pliait grenouilles, chats, fleurs, grues... Et il les offrait. Il m'a demandé d'où je venais, et je lui ai dit que j'étais française. Alors il m'a parlé un peu de la France qu'il avait pu visiter il y a longtemps, et il m'a expliqué que les origamis étaient un excellent exercice intellectuel. Je me suis prise d'amour pour ces petits pliages et Sayuri s'est dit qu'elle m'achèterait des feuilles et un cahier pour que je puisse m'exercer.







Le
Vendredi, Sayuri et moi prenons encore le métro pour aller à Asakusa, un
quartier rempli de temples et de marchands. Avant d'entrer dans le grand
temple, nous nous imprégnons d'une fumée à l'odeur forte. Nous avons par la
suite dégusté un okonomiyaki, une sorte de crêpe japonaise aux légumes (avec de
la viande si on veut). Après cela, nous avons pris le temps d'aller au salon de
thé. Une fois sorties, nous avons pris une glace au thé vert (matcha). Je suis
définitivement fan du matcha. Je réalise certains prix. Manger n'est pas si cher que ça. Par exemple, les Okonomiyakis en restaurant peuvent revenir à six euros sans problème. Boire non plus, il y a des distributeurs à chaque coin de rue et les boissons sont relativement peu chères (autour d'un euro). Le seul souci selon moi : les fruits. Les pommes sont plutôt accessibles (et encore, une pomme peut coûter un peu plus d'un euro), mais nous y avons trouvé des barquettes de dix fraises à dix euros, des melons à quatre-vingt euros et j'en passe... Je suis véritablement accro aux fruits et n'en manger que très peu me gêne terriblement, mais en deux semaines, nous avons pu en acheter un peu. Certains produits m'ont fait rire, notamment le beurre qui pouvait parfois coûter huit euros la plaquette (les japonais consomment exclusivement de la margarine).
Le soir, nous allons avec Yu-kun et Sayuyu dans un restaurant de yakitori. "Chouette", je me suis dit, "je vais pouvoir manger plein de brochettes au poulet, au boeuf, aux légumes"... Nous sommes rentrés dans un petit restaurant et l'intérieur était tout en bois. Il y avait un vieil homme qui cuisinait et un autre client, seul. Et, Yu-kun m'a demandé ce que je voulais manger. Il m'a dit qu'il y avait du coeur de poulet, du foie de poulet, de la peau de poulet... Quand j'ai fait la tête et que je lui ai expliqué qu'en France les yakitoris étaient totalement différents, il a ri et m'a dit que "yaki" voulait dire cuit et "tori", poulet. Donc, au Japon, les restaurants de yakitoris sont concentrés sur toutes les parties du poulet. Le coeur et le foie de poulet étaient immangeables pour moi, mais j'ai goûté quand même. Yu-kun est parti téléphoner dehors, et j'ai demandé à Sayuri la signification de certaines syllabes en japonais sur le menu. To, Ri, Ma, Ka, Sa... Quand Yu' est revenu, j'ai tenté de l'impressionner en lui lisant quelques mots. Il a dit que c'était très bien, et lorsque nous sommes sortis du restaurant, il m'a acheté un cahier pour apprendre à écrire en japonais (un cahier pour enfants). J'ai commencé à apprendre et ils étaient mes coachs.





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| Rituel de la fumée |










C'est le week-end, Yuji et Sayuri décidaient de prendre la voiture et de m'emmener à la
plage, à trois heures de Tokyo, à Izu. Nous prenons sur le chemin Robert, un
ami de Yuji car nous logerons dans la maison de ses parents. Dans la voiture,
nous mettons le son à fond : Earth, Wind & Fire. Puis nous arrivons dans
une véritable petite maison japonaise, avec un tatami (une sorte de tapis).
Enfin, nous allons à la mer. Elle est immense et belle, j'ai une fascination
pour celle-ci. Il y a peu de gens et les vagues sont assez violentes. Je tourne
la tête et je vois une vieille femme marcher, je me dépêche de la prendre en
photo. Mes yeux se perdent dans l'océan pacifique, et finalement je décide d'aller me baigner. A ce moment-là, je réalise à quel point je suis loin. Je suis loin de toute ma famille et de mes proches. Je vis quelque chose d'autre. Quelque chose de différent. Le soir, nous re dégustons des okonomiyakis. Le chemin était mal éclairé
et effrayant. Après manger, nous allons au karaoke, une des activités favorites des japonais. Je pensais que ça allait être un peu nul et ennuyant, mais je pense qu'il faut totalement y aller avec les bonnes personnes, car je n'ai jamais autant ri et chanté. Tout est passé sous notre talent musical indicible : Queen, Céline Dion, Beyoncé, Taylor Swift, et certains groupes japonais. Je pense que c'est un de mes meilleurs souvenirs. Et le lendemain, nous reprenons la route pour Tokyo. Avant cela,
nous passons au restaurant manger du poisson extrêmement frais.















Lundi.
Une semaine est déjà passée et je dois aller voir Nami dans le Sud du Japon.
J'ai pris le Shinkansen, un TGV japonais. Quand je l'ai vu entrer en gare, j'ai
cru voir une fusée. Il était incroyablement neuf, incroyablement propre et il
semblait venir du futur. Je suis rentrée, et c'était spacieux, confortable. Au
Japon, il n'y a pas de contrôleurs dans le métro, et dans le Shinkansen il y en
a toujours un. Quand je repense à Paris, je me dis que nous sommes un peu
"sauvages". À Paris, un contrôleur qui est tout seul est potentiellement
en danger dans certains endroits à cause des agressions, au Japon cette notion
est inconcevable, comme celle de ne pas payer son ticket. Une fois le
Shinkansen parti, je regarde le soleil mourir silencieusement dans le paysage.
Je me sens en vie. Je me sens incroyablement libre et être seule me plaît.
Enfin, j'arrive, et Nami et son adorable maman viennent me chercher à la gare.
Je rencontre Sun, son chien. Ma-kun, Hiroshi-kun ses petits frères. Au Japon,
-kun comme -chan (pour les filles) sont des suffixes de marque d'affection. En
général, vous prenez le nom entier et plus vous le raccourcissez, plus vous
êtes proche de cette personne(pour Yuji, cela donnera Yu-kun et pour Sayuri,
Saku-Chan, mais moi je l'appelais Sayuyu) et son papa. J'ai été reçue comme une
princesse et Nami m'a fait une petite cérémonie du thé (matcha). Elle l'a
accompagné d'un gâteau à la patate douce délicieux.




Le
lendemain, nous partons à Kyoto même en train. Nous voulions faire beaucoup de
choses, et c'est pour cela que nous avons décidé d'y dormir. Nous marchons pour
aller au temple Kiyomizu. La vue était magnifique même s'il était en travaux. A
midi, nous mangeons ce que je pense être le meilleur repas du monde chez une
amie de Nami, Noriko, qui est cuisinière. Tout était frais, minutieux, délicat,
bref, parfait, et le tout pour dix euros. Après avoir mangé nous avons pris la route vers
le célèbre pavillon d'Or, le Kinkaku-ji. Nous avons couru car l'heure de
fermeture des caisses approchait, et nous sommes parties. De retour sur Kyoto
même, nous nous sommes promenées et Noriko et son mari sont venus à notre
rencontre pour nous emmener au sanctuaire Fushimi Inari. Pas de photos car il
faisait nuit noire, mais Nami a pu prendre quelques clichés avec son téléphone.
Elle m'a expliqué qu'il y avait beaucoup d'énergie ici en ce soir de pleine
lune, et qu'elle venait souvent pour pouvoir prier pour que ses problèmes que
règlent. Lorsque je suis arrivée, tout était pesant et lourd, et pour je ne
sais quelle raison je me suis mise à pleurer. Nami et Noriko se sont étonnées,
et plus tard je confiais à Nami que je ne savais pas du tout pourquoi j'avais
pleuré. Et elle m'a dit qu'elle pensait que c'était parce que j'étais pure et
que mes sentiments étaient honnêtes. Après, nous sommes allés faire des feux d'artifices puis nous sommes rentrées à l'auberge et nous
avons dormi.


































Le
lendemain, j'ai eu un cours de céramique avec Nami où j'ai réalisé un bol et
une assiette. Le professeur était jeune et sa maison était remplie de ses
oeuvres. C'était magnifique. J'ai pris le temps de m'imprégner de ses jolies
choses et de m'en inspirer. Des théières, des bols pour le thé, des assiettes,
des tasses... Tout était parfaitement maîtrisé, et lorsque je lui ai dit en
plaisantant que j'aimerais faire comme lui, il m'a répondu qu'il pensait que
dans trente ans, si je travaillais bien chaque jour, je pourrais. Quand il m'a demandé de signer sur mes petites oeuvres, j'ai écrit en japonais "ka-o", deux caractères japonais que j'aimais bien. Nami a ri et m'a dit "Kao ? Ca veut dire visage ! Tu ne t'appelles pas Visage !" et le professeur a ri a son tour et m'a appelé "Kao-chan". Nous sommes
parties et j'ai supplié Nami d'aller à Nara pour "voir des bambis".
En France, je n'ai pas l'occasion d'en voir souvent, pourtant j'adore les
daims. Et Nara est réputé pour avoir près de sa préfecture un parc rempli de
daims en liberté, qui viennent te mordre les fesses pour te saluer. Vu qu'elle
détestait ça, je me suis sentie obligée de sortir au moins trois photos de
daims pour compenser. Il y avait aussi des temples, mais j'ai préféré prendre
en photo des écoliers en visite. De retour à Kakogawa, nous avons pris un cours de calligraphie avec sa tante et sa maman où j'ai pu écrire ce fameux "visage". En rentrant, les parents de Nami m'avaient
préparé un festin : du sashimi frais (péché à midi), des langoustes, du boeuf
de Kobe (réputée pour être la meilleure viande du monde), des légumes frais, de
la soupe maison... Un régal. Après cela, Nami a raconté à sa maman l'histoire
du sanctuaire et de mes larmes et ça l'a réellement émue. Elle a pris mes
mains, et elle m'a dit " Je suis un peu vieille, mais si je pouvais être
comme quelqu'un, j'aimerais être comme toi. Ta présence me touche
beaucoup". Elle m'a offert une broche et un collier de perles, des gâteaux
et beaucoup d'amour. J'ai appris beaucoup de cette dame que je ne connaissais
que depuis quelques jours et qui se disait déjà être ma maman japonaise.






Le troisième jour avec Nami et Ma-kun son petit frère, c'était visite du château Himeji. C'était aussi le jour où je partais. Himeji était fermé pour travaux et je n'ai donc pu prendre en photo que le devant, mais nous sommes un peu rentrés. Après cela, ils me raccompagnaient en voiture à la gare. Nous passons devant les rizières et nous escaladons un peu la montagne. La vue était imprenable. Quand on est là haut, on se sent libre. Lorsque nous sommes redescendus, j'ai croisé un homme qui récoltait des figues. Je lui ai demandé à l'aide de Ma-kun si je pouvais le prendre en photo. Il a ri, il a accepté et puis il nous a gentiment donné des figues. Lorsque j'ai pris mon Shinkansen, Nami, Ma-kun et toute sa famille qui a été si gentille, si profondément attentionnée avec moi me manquaient déjà. Je suis tombée amoureuse d'eux et quand je repensais à ces bons moments, mon coeur ne faisait que de me faire mal.




















De retour à Wakabayashi, pour ces quelques derniers jours. Mon coeur est extrêmement lourd car je sais que je vais bientôt devoir retrouver mes habitudes parisiennes. Je ne veux pas quitter Yu-kun et Sayuri. Je ne veux pas partir du Japon. Sayuri m'emmène à la Sky Tree à Asakusa et nous avons une vue impressionnante de Tokyo. Je dois faire mes petits cadeaux, tout passe incroyablement vite maintenant. Je ne veux pas partir. Et finalement, le dernier soir, Yu-kun et Sayuri m'emmènent au restaurant, puis faire des Hanabi. Je n'oublierais jamais ces moments symbolisant la fin de l'été, la fin d'un rêve. Sur le chemin du retour, nous chantons très fort dans la voiture la musique de Totoro et nous ouvrons les fenêtres, des gens chantent avec nous. Avec Yu' on s'amuse à imiter mal les chiens en criant "HUAN" ! Sayuri est morte de honte. Nous empruntons un DVD d'un Ghibli et nous achetons des fruits et du jus de fruit. Nous dégustons en même temps un fameux cheese cake acheté la veille. Je n'oublierai jamais tout ce que j'ai ressenti ici. A l'aéroport, le soleil se couche et me fend le coeur. Je me décide à les quitter enfin, les larmes aux yeux, et quand je tourne le dos et que je marche vers la salle d'embarquement, Totoro toujours à mes côtés, je repense à tous ces gens incroyablement bons et gentils que j'ai pu rencontrer, tous ces gens qui m'ont réellement apporté et appris, tous ces gens que j'aime et qui sont entiers.














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| "Les feux d'artifices symbolisent la fin de l'été...N'est-ce pas ?" me disait Nami. |
 |
| Shinjuku |
*
Les clichés de Nami
Merci d'avoir lu !