D'amour & de cheesecake


Oh, tendres moments. Il est si bon d’être proches des gens. J’ai invité une dizaine d’amies d’un peu partout aujourd’hui : voilà comment on fête Noël, on se fait du bon thé, on discute et on se régale de pâtisseries. J’ai passé les trois derniers jours à penser à cette journée où enfin je pourrai être moi-même, entourée de personnes qui n’ont qu’une envie : sourire. Ça réchauffe tellement le coeur, on se sent en vie. Je me sens bénie d’avoir autant de gens près de moi, autant de gentillesse et de bienveillance, et je ne pourrais pas exprimer clairement combien j’ai été heureuse d’être entourée de personnes si belles et douces.


Souvent j’ai des moments d’absence et je m’égare totalement. Souvent, j’ai des temps où je me sens profondément triste. Comme si quelque chose en moi voulait sortir, violemment, me suppliant. Je me sens tellement ridicule de ressentir ce que je ressens. D’estimer autant les gens, d’estimer autant les histoires. Et, lorsqu’un nom revient quand il ne faut pas, tout retombe comme une sorte de poids qu’on ne peut plus supporter. 


Je n’en peux plus d’entendre son nom, savoir qu’il va bien, savoir qu’il est en vie et qu’il ne se préoccupe pas de savoir comment moi je vais. Une seconde après, je ne veux plus du tout y penser. Mais parfois, je me demande comment il va. Parfois, seulement. Je suis loin de ressentir encore tout l’amour que je lui portais et tout l’estime que j’avais pour lui, pourtant, parfois, je pense à lui, et je me dis « est-ce qu’il lui arrive de penser à moi ? »

Je déteste rayer les gens de ma vie. Je n’ai jamais rayé personne. Et je me sens ridicule, avec ce sentiment que personne au monde ne peut me comprendre, car pour moi, même sans amour, même avec beaucoup de reproches, je n’oublie jamais les gens. Et pour moi, disparaître sans revenir, c’est effacer toute trace prouvant qu’un jour, une heure, un instant : Il y a eu quelque chose. Une étreinte. Un coeur qui bat.

Et puis je redeviens normale. Ces moments-là durent rarement plus d’une trentaine de minutes, parce que maintenant, tout cela est si insignifiant. Je me remets à avoir de l’estime et du respect pour moi-même. Peut-être que je « vaux » quelque chose, finalement. Peut-être que je « mérite » quelque chose. Peut-être qu’un jour, quelqu’un m’aimera réellement, d’un sentiment sûr et sincère. Oui, et puis sûrement que les choses devaient se passer ainsi. Je me sens tellement heureuse pour lui, et, désormais, tellement heureuse pour moi. Pourtant, quand j’y pense de temps en temps, quand je suis dans mon lit et que par mégarde mes pensées tendent à se tourner vers toi, je me sens réellement désolée d’avoir existé dans ta vie. J’aurais préféré ne rien vivre, ne rien vivre du tout, plutôt que ça. 


Je suis jeune et j’ai beaucoup de rêves. Parfois difficilement réalisables. Mais quand j’y pense, j’ai le sourire aux lèvres. Mais j’avoue que parfois, j’aimerais qu’on m’aime autant que moi j’aime les gens. Je suis jeune, très jeune, et je trouve encore mon refuge dans les bras des autres, j’aimerais qu’on m’aide à essuyer mes larmes sans jugement, sans rien dire, juste promettre que ça va aller, que ça va passer, comme on le ferait à un enfant qui pleurerait après être tombé de son vélo. Une étreinte chaude et sincère, oui voilà, plus tard plus tard les problèmes, demain, demain on sera grands. 

Parfois, c’est dur de remettre ses rêves au temps. Je suis forte, oui. Pas tout le temps. Est-ce que vous me comprenez ? Est-ce que c’est normal ? Je rêve trop, et mes rêves d’amour souvent se perdent. Je suis une fille tellement niaise, et j’aurais aimé qu’on m’aime. J’aurais aimé qu’on me trouve gentille, jolie, drôle, intelligente, sensée. Je rêve qu’on me considère, et qu’on me regarde comme quand je regarde le soleil se coucher. « J’aime ce que tu représentes. »

Mon amour pour l’être humain vient essentiellement du fait qu’au fil du temps, j’ai découvert des défauts, des choses qui nous échappaient totalement, dans des situations qui elles aussi nous échappaient totalement. On se découvre des failles. On en a peur. Ou on les appréhende. Et souvent, on avance. 

J’aime aussi tellement ce que je fais. J’adore le soir me retrouver avec une guitare et puis chanter, toute seule. Rêver qu’un jour, je monte mon propre groupe, avec des gens tous aussi passionnés que moi. J’adore prendre mon appareil photo et créer, voir défiler des couleurs, des émotions, des humeurs, des défauts, de la vie dans mon petit capteur. J’aime prendre ma tasse de thé et écrire des heures durant, le soir, et puis me dire que peut-être ça touchera quelqu’un, peut-être même que ça l’aidera un peu à se sentir mieux comme moi ça m’aide. 

Je veux voyager. Je veux partir. J’en ai besoin. Rencontrer de nouvelles personnes, voir de nouvelles choses. De nouveaux paysages, de nouveaux sentiments. Porter mes priorités sur autre chose, par exemple sur la peur d’être confrontée à des problèmes d’adultes. 

Tous ces rêves, toutes petites choses qui sont singulièrement insignifiantes mais qui ensemble forment un jardin d’espoir, me font vivre, me rendent simplement et entièrement heureuse. Je suis tellement reconnaissante de ce que les gens m’offrent. Leur temps, leur amour. Je suis tellement reconnaissante de la lumière du soleil qui se lève, qui parfume chaque espace de mon champ de vision, chaque fleur, chaque trottoir, chaque passant, chaque arbre aux feuilles arrachées, chaque plis de ma jupe qui effleure tendrement mes pieds, chacun des pores de ma peau, et mes yeux, mes yeux qui s’éveillent au monde et à sa beauté. 

L’amour est partout. Pas seulement dans une personne. Mais dans chaque petite chose qui composent ce monde. Encore faut-il ouvrir les yeux, et décider de se dire : « Tout ira mieux ». Oh, les larmes qui brûlaient jadis les joues et qui maintenant sèchent si rapidement, heureusement. 


Soyez l’amour. Vivez l’amour. Ressentez cela car c’est la chose la plus importante sur Terre. Et surtout, rêvez. N’arrêtez jamais de rêver. Efforcez-vous de placer un rêve dans chaque recoin de votre vie où il lui est possible de grandir. N’oubliez jamais que ce n’est fini que lorsqu’on abandonne. 



Voici quelques photos essentiellement de recettes que j’ai pu faire, est-ce que ça vous donne des idées pour Noël ? Si ça vous intéresse, je peux éventuellement fournir les recettes. Cheesecake, cupcakes, macarons, sablés aux épices… Un régal ! 


Soyez forts. Soyez forts. Vous n’êtes jamais seuls. Quelque part, quelqu’un vous aime. Peut-être même est-ce vous.


















Le début de l'automne,


Ca faisait longtemps que je n’avais pas autant joué avec les couleurs et la douceur. Vendredi, j’ai pris en photo Fanny de l’agence Celine. Rien ne s’est passé comme prévu, mais nous avons pu tirer quelques portraits d’une simplicité assez déconcertante je vous l’accorde, mais peut-être plus travaillés qu’avant. J’ai tenté de faire un peu plus propre et un peu plus intense. Marion nous a gentiment ouvert les portes de son studio et Bellinda a parfaitement maquillé Fanny. Pour le stylisme, j’ai tenté de faire quelque chose de différent aussi. Enfin, les bijoux sont à ma tendre amie Juliette. Sans toutes ces filles je n’aurais jamais pu avoir ces belles photos qui rendent hommage à une de mes saisons préférées : l’automne.  


Que pourrais-je ajouter d’autre, si ce n’est que je sens définitivement mon coeur battre en ce moment, plus fort que jamais. Je prends du plaisir à retoucher le si joli visage de Fanny, et à y mêler des couleurs qui me touchent avec du Maisie & Neville en fond sonore. Je prends du plaisir à faire de la musique, à écrire, à lire, à cuisiner, à rire, à aimer. Je me sens définitivement en vie. Je pense que c’est en partie dû au vent qui frappe mes joues lorsque je marche dehors. J’avance à mon rythme. Je grandis.



Bref, trop de bavardages. Cette semaine, j’ai reçu énormément de messages terriblement touchants. Je suis honorée de voir que ma sensibilité vous atteint. Merci beaucoup de me communiquer avec autant d’humilité et de gentillesse vos impressions, j’en ai besoin, réellement. 

Beaucoup d’amour,

xxx


































*

Un an

Cela fait longtemps que je ne me suis pas retrouvée confrontée à moi-même. Cela fait longtemps que je ne me suis pas retrouvée. Ce soir, j’ai décidé d’écrire un peu, de parler ou plutôt de rejeter, je ne sais pas encore.
Il y a un an maintenant ma vie a totalement changé. Tout a changé. J’ai découvert de nouvelles personnes, de nouveaux sentiments, plus forts, plus fiers, plus affirmés. Mes amours, ma famille, mes amis ; tout commençait à se reformer. Et quand quelque chose n’allait pas, je compensais par une autre chose et remettait tout mon bonheur entre les mains de ceux qui m’entouraient. Je priais, je priais beaucoup pour que ma joie de vivre ne s’éteigne jamais, quoi qu’il arrive, car c’était ce que j’avais de plus précieux. « S’il vous plaît, faîtes-moi me sentir vivre ». Quelque part, je crois que je créais le bonheur, disons que je le cherchais en toute chose.


Un jour d’hiver tout a commencé à s’écrouler et je me suis rendue compte que le bonheur que j’avais crée autour de moi était, non pas faux mais factice. Il était fragile. Pire encore, je me rendais compte de mes erreurs. De la peine que j’avais pu causer aux autres. Et je m’en suis voulue, je m’en suis terriblement voulue.  Je pleurais tellement que la tristesse m’était devenue naturelle. J’écrivais des choses stupides et désespérées.



« Et puis un jour, tout s'est arrêté. 

Dans un silence.

Une insomnie, peut-être. 

C'est à ce moment-là que j'ai découvert un état en moi que je ne connaissais pas. Une sorte de tique, quelque chose de répugnant qui vous colle à la peau, devenant votre meilleur ami. »


« Dîtes-moi 

dîtes-le moi

est-ce que quelqu'un m'entend 

est-ce que quelqu'un m'écoute au moins
c'est quand le bonheur. »



Ce n’était plus de l’indifférence que je me portais, mais de la haine. Une haine violente, dégoûtante et déchirante. 



« Qu’est-ce que je vais faire de moi » c’est ce que je me répétais sans cesse. Pourquoi est-ce que je n’arrivais pas à décrocher un sourire alors qu’à côté les gens souriaient ? Pourquoi je n’avais plus espoir en rien du tout ?
Cela a peut-être duré trois mois, trois mois où on m’a foutu des claques pour que je me réveille, pour que j’arrête de pleurer, pour que je parle, pour que je me révolte, parce que c’est pas normal, parce que j’ai pas le droit de me laisser couler. Et rien. J’ai tout laissé tomber, et surtout l’envie de me battre. Même le printemps n’y a rien fait. Les sourires étaient rares, et lorsque quelque chose me déplaisait ou me faisait peur, je me mettais à pleurer, parce que j’étais inquiète. Parce que je me demandais quand est-ce que j’étais devenue si fragile, si pitoyable.
Je me suis raccroché à l’amour car dans ma tête c’était la seule chose à faire. C’était le pire. Je me suis permis de penser que si j’allais mieux à ce niveau-là, tout irait mieux. Alors je me suis défoulée. Tout ce que je voulais, c’était de l’attention. Tout ce que je voulais, c’était qu’on m’écoute, qu’on me comprenne, qu’on se révolte, qu’on m’explique, qu'on me ré-explique, qu’on me dise que ce n’était pas la chose à faire, du moins ce n’était pas comme ça qu’il fallait le faire, qu'on me le promette, que ça ira, que ça passera. Un peu de compassion, juste un peu de compassion, par pitié. Je voulais trouver une place dans n’importe lequel de ses mots où me blottir, je voulais me sentir exister dans n'importe lequel de ses soupirs.

J’ai décidé de reprendre mon projet « Aka ». Aka représente un peu moi, mais aussi tous les gens qui ont aimé, vécu, vu, voyagé, souffert, ri. C’était ce projet qui me maintenait en vie, qui me faisait rêver,.

Une nuit où j’allais très mal dans ma famille, j’ai enfilé mes chaussures, je suis sortie prendre l’air dans mon quartier, et mon grand-frère m’a suivie. J’ai beaucoup pleuré et je lui ai tout raconté. Tout. Le moment où je perdais A., quand un de mes meilleurs amis est mort, quand j’ai cru perdre ce que j’avais de plus cher au monde si ce n’est mes amis et ma famille. Je ne lui avais jamais rien dit d’aussi personnel de toute ma vie, et quand lui ai confié que je ne pensais plus avoir la force de supporter tout cela, il m’a répondu « bien sûr que si, tu l’as », et dans sa bouche, ça sonnait comme une évidence. 

Un jour, je n’ai plus eu de larmes. Ce jour-là, j’ai compris que tous ces états que j’avais traversés faisaient partie de la vie. J’ai compris que je devais continuer à vivre avec tous ces changements, parce que c’était la seule chose à faire. J’ai aussi compris que j’étais la seule et unique maîtresse de mon bonheur, et que nous avions tous une force intérieure. Les gens peuvent être là pour nous aider à la révéler, mais si nous ne donnons pas cette impulsion, si nous ne donnons pas la possibilité d’espérer, alors cela ne change rien. Ce jour-là, je me suis dit que c’était moi, la lumière que je cherchais tant. Le ciel a changé de couleur.

Tout n’est pas allé vite et je ne me suis pas relevée d’un coup. Mais je me suis permis de me battre. Je me suis promis de ne plus jamais autant pleurer pour les gens qui me faisaient gratuitement du mal. Je me suis permis de m’estimer, de me trouver jolie, intéressante, talentueuse -attention, je ne dis pas que je me suis estimée ainsi, mais du moins je me suis permis de le faire-, je me suis permis d’exister et surtout par moi-même. Il n’y a pas de satisfaction plus grande que lorsqu’on découvre que le bonheur est en nous. 


J’ai traversé une période de vide émotionnel où je ne ressentais d’amour pour personne si ce n’est mes amis, plus rien ne me touchait et je me suis permis, lorsqu’on me demandait des nouvelles, de répondre que ça allait. C’était bizarre, en fait, parce que j’étais d’une vacuité affligeante. La photographie ne me parlait plus, l’écriture non plus, la cuisine encore moins. Mais, il m’arrivait de rester tard le soir au conservatoire après mes sessions de travail, d’éteindre les lumières et de jouer du piano dans le noir, la pluie claquant les vitres. Je me sentais bien. Je retrouvais quelque chose de nouveau, une sensation nouvelle, des couleurs, des sentiments, des émotions, qui venaient en fait de moi. J’arrêtais toujours très vite pour ne pas me mettre à pleurer.


Certaines choses allaient mieux, certaines moins bien, mais j’ai quand même décidé de me battre, d’y croire. Avez-vous déjà eu la foi ? Cette foi qui anime vos esprits et qui façonne vos rêves. C’est incroyablement pur. Incroyablement puissant. Cette foi m’a aidée à faire face et à ne pas reproduire les erreurs du passé, et j’attends. « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ».

Cela fait un an que tout a changé, et lorsque je regarde derrière moi, je me dis que j’ai traversé beaucoup de choses, et que le meilleur reste encore a venir. Je suis jeune. Très jeune, et je n’ai pas vécu le tiers de ma vie. Je me suis prête à me dépasser maintenant. A faire de la musique pour moi. A photographier pour moi. A m’estimer, pour moi. A me définir autrement. 

Merci d’être autant à m’envoyer des messages. Me suivre est une chose, mais avoir la délicatesse et l’humilité de venir me voir me touche réellement, et ne cesse de me faire grandir. Vous êtes, vous aussi, des lumières. Et vous ne vous arrêtez pas de briller. C'est ce qu'il faut faire lorsque quelque chose va mal : essayer d'accepter que notre état de tristesse est normal et que c'est éphémère, croire en l'amour que les gens vous porte et accepter à votre tour de vous en porter. En tout lieu, vous n'êtes jamais, jamais seul.




"Notre vocation d'artiste consiste à repousser nos limites sans cesse, oubliant parfois la notion même de fatigue et dans le simple but de se sentir aimer, vivre, réfléchir, construire, détruire, souffrir, et tous ces états que nous expérimentons tous de façons différentes. Ce sont ces différents ressentis qui nous rendent si uniques et si importants à la fois - car je suis convaincu que nous avons tous un rôle à jouer sur cette Terre. N'oublie jamais que ton existence, aussi singulière qu'elle soit, dépend des autres. Tu ne peux pas te construire entièrement seule. Tu grandis en apprenant de tes expériences et du regard des autres. La vie est vraiment belle au fond, parce qu'elle nous offre non pas seulement une nature merveilleuse mais aussi la chance de pouvoir vivre des expériences qui, chaque jour, nous font mûrir et avancer, chaque jour mettent nos sentiments les plus puissants à nu, chaque jour font vibrer notre coeur d'une façon ou d'une autre. » Aka

JAPAN 2014 - Totoro is back !










Il y a un peu moins d'un mois, j'ai réalisé un de mes rêves : Partir, loin, seule et pas n'importe où puisque je suis allée au Japon. En mai je recevais ma première paye (après avoir remplacé un professeur de flûte traversière dans un petit conservatoire) et lorsque ma mère m'a demandé ce que je comptais faire de tout cet argent, j'ai répondu très inconsciemment que j'irai au Japon. Depuis mes neuf ans, je suis fascinée par les mangas (très bêtement, oui) et en grandissant mon amour pour ce pays n'a cessé de croître. La langue, les cultures, cet esthétisme et recherche de perfection m'impressionne nt réellement. Paysages japonais, jardins, campagne et montagnes m'inspirent sans cesse. En musique, je pense au piano ou aux petits ensembles avec cordes et vents, je pense à la "pureté du son". Joe Hisaishi, par exemple, un des compositeurs les plus importants des films d'animation d'Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke, Le château dans le ciel, Le voyage de chihiro...) est un homme qui a beaucoup influencé mes goûts et ma culture musicale (car avant tout je suis musicienne). En cuisine aussi, je me rends compte que je suis définitivement japonaise. Bref : Tout tend à me plaire. Et finalement, je me suis rendue compte que ce rêve qui trottait dans ma tête depuis la sixième pouvais enfin se réaliser, là, maintenant, et que je n'avais simplement qu'à dire "oui".

Au Japon, je connais beaucoup de gens. D'abord, il y a Jean-Paul, un ami des enfants de la famille qui a passé beaucoup de temps en France (Yuji est son nom japonais). Et puis il y a Nami, une flûtiste qui était dans ma classe au conservatoire. Je n'oublie pas tous mes amis musiciens de Versailles que je n'ai pas pu voir. J'allais donc loger chez Yuji et sa copine à Tokyo, Sayuri que je n'avais jamais rencontré, ni vu. Le plus stressant était de savoir que c'était elle qui venait me chercher à l'aéroport et qu'elle ne parlait pas français, contrairement à Yuji qui est bilingue, mais il m'avait dit auparavant sur Skype : "Elle a acheté un Totoro pour toi, elle le prendra pour que tu puisses la reconnaître". Puis je prévoyais d'aller chez Nami, quelques jours, dans le sud du Japon à Kakogawa, près de Kyoto.

A l'aéroport, à Paris, j'ai dit au revoir à mon grand-frère et à ma mère et j'ai emprunté les couloirs menant à mon avion toute seule, pour la toute première fois. Cela peut sembler idiot pour certains, mais j'ai une peur assez ridicule de l'avion, et toute seule j'angoisse énormément, mais pour me motiver, je ne m'imaginais que Tokyo, Tokyo et encore Tokyo.

Dans l'avion, je n'y croyais toujours pas. Je me sentais faible et fatiguée, dix heures après. Mais, lorsque je regardais à travers le hublot, je ne vois que les étoiles, brillantes et fières. Et c'est impressionnant, c'est magique. On a l'impression d'être au dessus de tout. Et, enfin, je réalise la chance que j'ai. Après avoir fait escale à Shanghai, nous reprenons un petit avion pour Tokyo.

Une fois arrivée, j'ai cherché le Totoro avec un air un peu stupide et j'ai finalement trouvé Sayuri. Nous parlons en anglais, prenons le bus pour Wakabayashi (où ils habitent) et je suis exténuée. Nous arrivons, et nous sortons acheter au konbini (une supérette ouverte 24/24h) acheter quelques onigiris  (des boulettes de riz garnies) et du thé glacé. Un onigiri coûte environ 130 yens, soit un peu moins d'un euro et est très nourrissant (pour mon repas, deux me suffisaient). De retour à la maison, nous avons mangé puis dormi. Quand je me suis réveillée, Jean-Paul était revenu du travail et il nous a emmené manger des sushis à Odaiba, dans Tokyo. Maintenant, je réalise, je réalise enfin : J'y suis.


J'espère que ces photos vous feront voir un peu le Japon comme je l'ai vu, place au voyage maintenant !









Le lendemain matin j'ai aidé Sayuri à préparer le petit déjeuner. Au menu, des onigiris aux algues (wakame) et des pommes (ringo). Après cela, une petite visite d'un des plus importants quartiers de Tokyo, Shibuya. Shibuya est réellement impressionnant, il y a un monde incroyable. Nous passons devant la célèbre statue du chien Hachiko et nous poursuivons notre route à Harajuku, après être passés dans un magasin pour m'acheter des adaptateurs. Je sors toujours avec ma petite peluche Totoro qui est en fait un porte-monnaie, et je suis en totale admiration devant elle et Sayuri, que je trouve incroyablement douce et gentille. J'ai un sourire stupide qui se dessine sur mes lèvres.


Onigiri








Ramens (soupe de nouilles) au porc 


Gyozas (raviolis)

 Harajuku est un peu le quartier "jeune" de Tokyo, et un des pôles pour les amateurs de mode. Il y a un peu de tout, beaucoup de magasins de vêtements et beaucoup de monde. J'ai croisé un certain nombre de looks assez impressionnants, et ce qui est chouette c'est qu'au Japon, tu as le droit d'être qui tu veux être. Personne ne te jugera à cause de ton physique dans la rue. Après être passés dans un Hyaku-yen shoppu (un magasin qui propose tout à 100 yens (l'équivalent de 70 centimes)) et avoir fait des purikuras (sorte de photomaton) nous sommes partis au onsen, une source chaude.




Et non, le tamagotchi n'est pas démodé...
Purikuras !
 Quand je pensais aux onsen, je m'imaginais juste un bain chaud. En fait, notre onsen était bien plus particulier, il s'agit d'un réel petit monde à part. Il y a du bruit, de l'animation, beaucoup de gens et de stands de nourriture, de yukatas (kimonos très légers) et une partie extérieure où on peut se baigner les pieds. C'était assez incroyable, car j'avais l'impression d'être partout et nulle part à la fois. Nous sommes allées nous baigner dans les grands bains avec Sayuri, entièrement nues. Cela pourrait être gênant, mais ce qui est surprenant au Japon c'est le regard des gens. Les gens s'en fichent totalement. On me regardait un peu parce que j'ai la peau noire et que ce n'est pas commun là-bas, mais deux secondes et puis plus rien. Il y a plusieurs bains de températures différentes, il y en a à 38°, à 40° et puis il y a aussi des jacuzzis. N'ayant pas l'habitude, j'ai réussi à tenir vingt minutes, puis j'ai du sortir sous la chaleur. Après cela nous avons retrouvé Yuji (les bains ne sont évidemment pas mixtes) pour manger une glace. Matcha pour Sayuri, mangue pour Yuji et ichigo (fraise) pour moi. J'ai dû échanger ma glace avec celle de Yuji qui était selon moi infecte.












Sayuri !

Le lendemain, petit-déjeuner puis premier jour en solitaire. Je devais shooter Lira. J'avais une peur et une indescriptible excitation pour ce premier jour seule dans Tokyo, livrée à moi-même. Yuji m'a gentiment prêté un de ses téléphones pour qu'ils puissent me joindre sans problèmes au cas où. Il a tenté de m'écrire en français et en japonais l'adresse de mon lieu de rendez-vous, et comment m'y rendre exactement, et ayant une application des métros japonais sur mon téléphone, j'ai répondu "Pas de problèmes, impossible que je me perde, je n'ai pas besoin de ton papier" sûre de moi. Il m'a regardée, et puis il a rangé le papier dans mon sac. 
Le métro japonais est une galère incroyable. Il y a des trains locaux, des trains semi-locaux, des trains express, des trains semi-express, des trains spécial-express, des trains semi-special express... Et j'en passe, tout cela pour la même ligne. Cela étant, quand je suis sortie du train que je pensais ne pas être le bon, j'ai regardé autour de moi, sur le quai, à gauche, à droite, et je n'ai pas eu à attendre cinq secondes qu'un homme (du staff de la gare) est venu me voir et m'a dit en japonais "Vous êtes perdue ?" 
Je l'ai remercié infiniment et je lui ai demandé en anglais comment me rendre à ma station. Et comme il avait vu que je savais dire quelques mots, il m'a répondu en japonais. Les japonais ne parlent pas du tout anglais, en fait. Mais il a eu la gentillesse de me faire de grands gestes pour que tout soit plus clair. Lorsque je suis arrivée à la bonne station aussi, j'étais totalement perdue et je suis rentrée dans un café pour demander mon chemin à la serveuse. Un homme, avec une grosse voix est venu me voir et a laissé son café pour chercher avec moi. Il était un peu tôt mais il semblait de bonne humeur, disant bonjour aux passants et en leur demandant où se trouvait la rue que je cherchais. Nous avons cherché cinq minutes puis trouvé. Je l'ai chaudement remercié : La politesse en générale est primordiale au Japon. 
Je ne poste pas de photos de ce shoot sauf quelques photos de mon jetable, mais peut-être dans un prochain article. Il pleuvait, mais on a quand même réussi à sortir quelques choses. Lira, Luna et Yuki étaient adorables avec moi et me couvraient de compliments (que je ne méritais pas). Quand je suis rentrée à Wakabayashi, Yuji s'est moqué de moi et de mes textos incessants : "Je suis perdue", "C'est quoi Setagaya ?", "Yuji...*pleurs*", mais au final, c'était vraiment drôle !
 



Luna et Yuki (caché) nourrissent les carpes et tortues.

Le lendemain nous sommes partis avec Yuji à Tsukiji, au marché aux poissons le plus grand du monde. Nous sommes passés devant un temple, et finalement, nous n'avons pas pu voir tous ces grands poissons (nous étions trop en retard). Alors, j'ai mangé des sushis. Un vieux monsieur me les servait et nous avons décidé de l'appeler "maître sushi" parce qu'il nous faisait simplement penser à ça. La nourriture était tout simplement géniale, fraîche et savoureuse, et Yuji en garde un excellent souvenir.





Puis, Akihabara. Le quartier totalement "geek", faits pour les fans d'animation et de folies aussi, je crois. C'est rempli de salles d'arcades, de bruits, d'écrans géants sur les immeubles... Un autre monde. Réellement. Il y a beaucoup, beaucoup d'écoliers qui y trainent après les cours, des karaokes, des cafés, bref, Akihabara est un quartier de divertissement. Malheureusement, je n'ai pas pris de photos dans la rue car il y avait beaucoup trop de monde.
Nous avons joué à des jeux d'horreur, et puis nous avons pris un café au maid café, de loin l'expérience la plus troublante de mon séjour, se faire servir par des jolies filles en soubrette qui vous ordonnent de dire des choses mignonnes avant de manger, mais nous avons tellement ri que je ne regrette pas. Yuji était tellement gêné et trouvait ça ridicule, alors il a parlé français avec moi pour qu'on ne comprenne pas qu'il était aussi japonais. Le soir, je file voir Nami qui est à Tokyo pour quelques jours, et nous faisons un concert dans un petit café.





Jour suivant : Sayuri et moi partons faire des origamis dans ce que j'appellerai le "temple des origamis". C'est une grande maison qui présente toutes sortes de pliages somptueux, des oiseaux, des fleurs, des animaux, des poupées... Le tout en papier. Nous avons pris un cours pour apprendre à faire un mouton, puis nous avons pu regarder comment le papier était fait. Après cela, une dame nous a demandé si nous voulions assister à une démonstration d'origamis faite par un homme (je ne me souviens absolument plus de son nom) qui maîtrise cet art depuis extrêmement longtemps. En trente secondes, il pliait grenouilles, chats, fleurs, grues... Et il les offrait. Il m'a demandé d'où je venais, et je lui ai dit que j'étais française. Alors il m'a parlé un peu de la France qu'il avait pu visiter il y a longtemps, et il m'a expliqué que les origamis étaient un excellent exercice intellectuel. Je me suis prise d'amour pour ces petits pliages et Sayuri s'est dit qu'elle m'achèterait des feuilles et un cahier pour que je puisse m'exercer. 









Le Vendredi, Sayuri et moi prenons encore le métro pour aller à Asakusa, un quartier rempli de temples et de marchands. Avant d'entrer dans le grand temple, nous nous imprégnons d'une fumée à l'odeur forte. Nous avons par la suite dégusté un okonomiyaki, une sorte de crêpe japonaise aux légumes (avec de la viande si on veut). Après cela, nous avons pris le temps d'aller au salon de thé. Une fois sorties, nous avons pris une glace au thé vert (matcha). Je suis définitivement fan du matcha. Je réalise certains prix. Manger n'est pas si cher que ça. Par exemple, les Okonomiyakis en restaurant peuvent revenir à six euros sans problème. Boire non plus, il y a des distributeurs à chaque coin de rue et les boissons sont relativement peu chères (autour d'un euro). Le seul souci selon moi : les fruits. Les pommes sont plutôt accessibles (et encore, une pomme peut coûter un peu plus d'un euro), mais nous y avons trouvé des barquettes de dix fraises à dix euros, des melons à quatre-vingt euros et j'en passe... Je suis véritablement accro aux fruits et n'en manger que très peu me gêne terriblement, mais en deux semaines, nous avons pu en acheter un peu. Certains produits m'ont fait rire, notamment le beurre qui pouvait parfois coûter huit euros la plaquette (les japonais consomment exclusivement de la margarine).
Le soir, nous allons avec Yu-kun et Sayuyu dans un restaurant de yakitori.  "Chouette", je me suis dit, "je vais pouvoir manger plein de brochettes au poulet, au boeuf, aux légumes"... Nous sommes rentrés dans un petit restaurant et l'intérieur était tout en bois. Il y avait un vieil homme qui cuisinait et un autre client, seul. Et, Yu-kun m'a demandé ce que je voulais manger. Il m'a dit qu'il y avait du coeur de poulet, du foie de poulet, de la peau de poulet... Quand j'ai fait la tête et que je lui ai expliqué qu'en France les yakitoris étaient totalement différents, il a ri et m'a dit que "yaki" voulait dire cuit et "tori", poulet. Donc, au Japon, les restaurants de yakitoris sont concentrés sur toutes les parties du poulet. Le coeur et le foie de poulet étaient immangeables pour moi, mais j'ai goûté quand même. Yu-kun est parti téléphoner dehors, et j'ai demandé à Sayuri la signification de certaines syllabes en japonais sur le menu. To, Ri, Ma, Ka, Sa... Quand Yu' est revenu, j'ai tenté de l'impressionner en lui lisant quelques mots. Il a dit que c'était très bien, et lorsque nous sommes sortis du restaurant, il m'a acheté un cahier pour apprendre à écrire en japonais (un cahier pour enfants). J'ai commencé à apprendre et ils étaient mes coachs. 







Rituel de la fumée












C'est le week-end, Yuji et Sayuri décidaient de prendre la voiture et de m'emmener à la plage, à trois heures de Tokyo, à Izu. Nous prenons sur le chemin Robert, un ami de Yuji car nous logerons dans la maison de ses parents. Dans la voiture, nous mettons le son à fond : Earth, Wind & Fire. Puis nous arrivons dans une véritable petite maison japonaise, avec un tatami (une sorte de tapis). Enfin, nous allons à la mer. Elle est immense et belle, j'ai une fascination pour celle-ci. Il y a peu de gens et les vagues sont assez violentes. Je tourne la tête et je vois une vieille femme marcher, je me dépêche de la prendre en photo. Mes yeux se perdent dans l'océan pacifique, et finalement je décide d'aller me baigner. A ce moment-là, je réalise à quel point je suis loin. Je suis loin de toute ma famille et de mes proches. Je vis quelque chose d'autre. Quelque chose de différent. Le soir, nous re dégustons des okonomiyakis. Le chemin était mal éclairé et effrayant. Après manger, nous allons au karaoke, une des activités favorites des japonais. Je pensais que ça allait être un peu nul et ennuyant, mais je pense qu'il faut totalement y aller avec les bonnes personnes, car je n'ai jamais autant ri et chanté. Tout est passé sous notre talent musical indicible : Queen, Céline Dion, Beyoncé, Taylor Swift, et certains groupes japonais. Je pense que c'est un de mes meilleurs souvenirs. Et le lendemain, nous reprenons la route pour Tokyo. Avant cela, nous passons au restaurant manger du poisson extrêmement frais.

















Lundi. Une semaine est déjà passée et je dois aller voir Nami dans le Sud du Japon. J'ai pris le Shinkansen, un TGV japonais. Quand je l'ai vu entrer en gare, j'ai cru voir une fusée. Il était incroyablement neuf, incroyablement propre et il semblait venir du futur. Je suis rentrée, et c'était spacieux, confortable. Au Japon, il n'y a pas de contrôleurs dans le métro, et dans le Shinkansen il y en a toujours un. Quand je repense à Paris, je me dis que nous sommes un peu "sauvages". À Paris, un contrôleur qui est tout seul est potentiellement en danger dans certains endroits à cause des agressions, au Japon cette notion est inconcevable, comme celle de ne pas payer son ticket. Une fois le Shinkansen parti, je regarde le soleil mourir silencieusement dans le paysage. Je me sens en vie. Je me sens incroyablement libre et être seule me plaît. Enfin, j'arrive, et Nami et son adorable maman viennent me chercher à la gare. Je rencontre Sun, son chien. Ma-kun, Hiroshi-kun ses petits frères. Au Japon, -kun comme -chan (pour les filles) sont des suffixes de marque d'affection. En général, vous prenez le nom entier et plus vous le raccourcissez, plus vous êtes proche de cette personne(pour Yuji, cela donnera Yu-kun et pour Sayuri, Saku-Chan, mais moi je l'appelais Sayuyu) et son papa. J'ai été reçue comme une princesse et Nami m'a fait une petite cérémonie du thé (matcha). Elle l'a accompagné d'un gâteau à la patate douce délicieux.






Le lendemain, nous partons à Kyoto même en train. Nous voulions faire beaucoup de choses, et c'est pour cela que nous avons décidé d'y dormir. Nous marchons pour aller au temple Kiyomizu. La vue était magnifique même s'il était en travaux. A midi, nous mangeons ce que je pense être le meilleur repas du monde chez une amie de Nami, Noriko, qui est cuisinière. Tout était frais, minutieux, délicat, bref, parfait, et le tout pour dix euros. Après avoir mangé nous avons pris la route vers le célèbre pavillon d'Or, le Kinkaku-ji. Nous avons couru car l'heure de fermeture des caisses approchait, et nous sommes parties. De retour sur Kyoto même, nous nous sommes promenées et Noriko et son mari sont venus à notre rencontre pour nous emmener au sanctuaire Fushimi Inari. Pas de photos car il faisait nuit noire, mais Nami a pu prendre quelques clichés avec son téléphone. Elle m'a expliqué qu'il y avait beaucoup d'énergie ici en ce soir de pleine lune, et qu'elle venait souvent pour pouvoir prier pour que ses problèmes que règlent. Lorsque je suis arrivée, tout était pesant et lourd, et pour je ne sais quelle raison je me suis mise à pleurer. Nami et Noriko se sont étonnées, et plus tard je confiais à Nami que je ne savais pas du tout pourquoi j'avais pleuré. Et elle m'a dit qu'elle pensait que c'était parce que j'étais pure et que mes sentiments étaient honnêtes. Après, nous sommes allés faire des feux d'artifices puis nous sommes rentrées à l'auberge et nous avons dormi.





































Le lendemain, j'ai eu un cours de céramique avec Nami où j'ai réalisé un bol et une assiette. Le professeur était jeune et sa maison était remplie de ses oeuvres. C'était magnifique. J'ai pris le temps de m'imprégner de ses jolies choses et de m'en inspirer. Des théières, des bols pour le thé, des assiettes, des tasses... Tout était parfaitement maîtrisé, et lorsque je lui ai dit en plaisantant que j'aimerais faire comme lui, il m'a répondu qu'il pensait que dans trente ans, si je travaillais bien chaque jour, je pourrais. Quand il m'a demandé de signer sur mes petites oeuvres, j'ai écrit en japonais "ka-o", deux caractères japonais que j'aimais bien. Nami a ri et m'a dit "Kao ? Ca veut dire visage ! Tu ne t'appelles pas Visage !" et le professeur a ri a son tour et m'a appelé "Kao-chan".  Nous sommes parties et j'ai supplié Nami d'aller à Nara pour "voir des bambis". En France, je n'ai pas l'occasion d'en voir souvent, pourtant j'adore les daims. Et Nara est réputé pour avoir près de sa préfecture un parc rempli de daims en liberté, qui viennent te mordre les fesses pour te saluer. Vu qu'elle détestait ça, je me suis sentie obligée de sortir au moins trois photos de daims pour compenser. Il y avait aussi des temples, mais j'ai préféré prendre en photo des écoliers en visite. De retour à Kakogawa, nous avons pris un cours de calligraphie avec sa tante et sa maman où j'ai pu écrire ce fameux "visage". En rentrant, les parents de Nami m'avaient préparé un festin : du sashimi frais (péché à midi), des langoustes, du boeuf de Kobe (réputée pour être la meilleure viande du monde), des légumes frais, de la soupe maison... Un régal. Après cela, Nami a raconté à sa maman l'histoire du sanctuaire et de mes larmes et ça l'a réellement émue. Elle a pris mes mains, et elle m'a dit " Je suis un peu vieille, mais si je pouvais être comme quelqu'un, j'aimerais être comme toi. Ta présence me touche beaucoup". Elle m'a offert une broche et un collier de perles, des gâteaux et beaucoup d'amour. J'ai appris beaucoup de cette dame que je ne connaissais que depuis quelques jours et qui se disait déjà être ma maman japonaise.








Le troisième jour avec Nami et Ma-kun son petit frère, c'était visite du château Himeji. C'était aussi le jour où je partais. Himeji était fermé pour travaux et je n'ai donc pu prendre en photo que le devant, mais nous sommes un peu rentrés. Après cela, ils me raccompagnaient en voiture à la gare. Nous passons devant les rizières et nous escaladons un peu la montagne. La vue était imprenable. Quand on est là haut, on se sent libre. Lorsque nous sommes redescendus, j'ai croisé un homme qui récoltait des figues. Je lui ai demandé à l'aide de Ma-kun si je pouvais le prendre en photo. Il a ri, il a accepté et puis il nous a gentiment donné des figues. Lorsque j'ai pris mon Shinkansen, Nami, Ma-kun et toute sa famille qui a été si gentille, si profondément attentionnée avec moi me manquaient déjà. Je suis tombée amoureuse d'eux et quand je repensais à ces bons moments, mon coeur ne faisait que de me faire mal.























 De retour à Wakabayashi, pour ces quelques derniers jours. Mon coeur est extrêmement lourd car je sais que je vais bientôt devoir retrouver mes habitudes parisiennes. Je ne veux pas quitter Yu-kun et Sayuri. Je ne veux pas partir du Japon. Sayuri m'emmène à la Sky Tree à Asakusa et nous avons une vue impressionnante de Tokyo. Je dois faire mes petits cadeaux, tout passe incroyablement vite maintenant. Je ne veux pas partir. Et finalement, le dernier soir, Yu-kun et Sayuri m'emmènent au restaurant, puis faire des Hanabi. Je n'oublierais jamais ces moments symbolisant la fin de l'été, la fin d'un rêve. Sur le chemin du retour, nous chantons très fort dans la voiture la musique de Totoro et nous ouvrons les fenêtres, des gens chantent avec nous. Avec Yu' on s'amuse à imiter mal les chiens en criant "HUAN" ! Sayuri est morte de honte. Nous empruntons un DVD d'un Ghibli et nous achetons des fruits et du jus de fruit. Nous dégustons en même temps un fameux cheese cake acheté la veille. Je n'oublierai jamais tout ce que j'ai ressenti ici. A l'aéroport, le soleil se couche et me fend le coeur. Je me décide à les quitter enfin, les larmes aux yeux, et quand je tourne le dos et que je marche vers la salle d'embarquement, Totoro toujours à mes côtés, je repense à tous ces gens incroyablement bons et gentils que j'ai pu rencontrer, tous ces gens qui m'ont réellement apporté et appris, tous ces gens que j'aime et qui sont entiers.

















"Les feux d'artifices symbolisent la fin de l'été...N'est-ce pas ?" me disait Nami.

Shinjuku






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Les clichés de Nami


























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